La curation ne remplace pas les contenus originaux !

Par Serge Jovanovic, le 03 décembre 2012
curation

Le terme est à la mode. La curation, pratique consistant à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web sur un sujet donné, « fait le buzz » en France depuis quelques mois. Pas une agence de communication ou un consultant en marketing ou social media qui ne l’évoque dans son blog, son site web ou sa newsletter. La curation – terme issu de l’anglais curator et désignant dans l’univers de la muséologie la mise en scène des meilleures œuvres – a dans un premier temps conquis le grand public. Permettant de partager ses centres d’intérêts ou ses passions avec sa communauté, le phénomène a été notamment amplifié par Pinterest et les photos ou vidéos que l’on épingle sur son tableau de liège virtuel.

Une fausse bonne idée pour les entreprises

Désormais, les entreprises s’intéressent de près à la curation de données en espérant sans doute créer du contenu à moindre coût pour leur site web, améliorer le référencement naturel, communiquer sur de multiples thématiques avec toutes les cibles concernées. Mieux encore : la curation serait la solution idéale pour produire du « content marketing » de manière automatisée, avec un minimum de ressources et sans même écrire une ligne…

Une fausse bonne idée ! Car si des outils comme Scoop.it, Pearltrees ou paper.li – au même titre que certains flux RSS – sont indéniablement utiles pour récolter, sélectionner et éditorialiser les informations publiées sur le Web avant de les partager, ils ne remplaceront jamais l’expertise, l’authenticité et la spécificité de contenus éditoriaux originaux.

Un outil de veille pour capter l’attention des internautes

Car le risque avec la curation, c’est de faire la promotion de contenus qui ne vous appartiennent pas : au-delà du risque juridique, même si la législation française est assez floue sur le sujet (le droit d’auteur et les copyrights s’appliquent-ils pour de simples extraits du web ?), il y a un réel risque d’image pour l’entreprise. Vous ne passerez assurément pas pour des spécialistes de votre secteur ni pour des leaders d’opinion si vous vous contentez de mettre en scène les informations produites par d’autres, aussi pertinentes soient-elles !

La première étape d’une relation privilégiée

Comme d’autres pratiques de veille, la curation de données peut compléter – mais en aucun cas remplacer – la création de contenus originaux, passage obligé dans la construction de l’image et la notoriété de l’entreprise sur ses marchés. Car au final, tous ces efforts pour produire et multiplier des contenus – qu’ils soient issus de la curation de données ou élaborés « à l’ancienne »  - ont pour but de capter l’attention des internautes. C’est la première étape dans la construction d’une relation privilégiée et durable avec la marque et ses produits.