Depuis juin 2025, la directive européenne sur l’accessibilité (EAA) étend les obligations de conformité à la quasi-totalité des entreprises proposant des produits ou services numériques. Couplée au RGAA français, elle expose désormais les organisations non conformes à des sanctions financières, juridiques et réputationnelles.
Dans cet article, on vous explique ce que vous risquez vraiment si vous n’avancez pas sur l’accessibilité numérique — et comment l’éviter.
Pourquoi l’accessibilité numérique est-elle devenue juridiquement critique pour les entreprises privées ?
Le cadre légal français
Trois textes structurent aujourd’hui le cadre de l’accessibilité numérique :
- Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 : elle pose le principe d’égalité d’accès pour les personnes handicapées à tous les services publics.
- Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 : elle introduit l’obligation d’accessibilité numérique pour les organismes publics.
- Ordonnance du 6 septembre 2023 : elle actualise le cadre pour anticiper la transposition de la directive européenne sur l’accessibilité (EAA).
Résultat : l’accessibilité n’est plus un simple engagement RSE ; c’est une obligation réglementaire à part entière, déjà contrôlée par l’État.
La transposition européenne et l’impact pour le secteur privé (directive EAA)
La directive européenne sur l’accessibilité des produits et services (EAA) est entré en vigueur le 28 juin 2025 dans tous les États membres.
Elle élargit le champ d’application à la majorité des entreprises privées, notamment celles qui conçoivent ou diffusent des :
- sites web, applications mobiles, logiciels ;
- plateformes d’e-commerce ;
- services bancaires, télécoms ou de streaming ;
- produits numériques intégrant une interface utilisateur (borne, terminal, tablette…).
Seules les micro-entreprises (moins de 10 salariés et/ou moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires) peuvent bénéficier d’exemptions partielles, sous conditions.
Autrement dit : dès que vous dépassez ces seuils, vous êtes concerné par la directive EAA — et potentiellement contrôlé.
Pourquoi les entreprises B2B doivent agir maintenant
Ignorer l’accessibilité, ce n’est plus neutre :
- Juridiquement, vous exposez votre entreprise à des sanctions prévues par la transposition française de l’EAA ;
- Commercialement, vous risquez d’être écarté d’appels d’offres publics ou privés qui exigent la conformité ;
- En réputation, vous envoyez un mauvais signal : exclusion, manque de responsabilité, incohérence RSE.
Les entreprises B2B, en particulier dans la tech, la finance ou les services, ont tout intérêt à agir avant juin 2025 pour éviter le mur réglementaire
Quels sont les montants des sanctions et dans quels cas elles s’appliquent ?
Pour les organismes publics : jusqu’à 50 000 € pour non-conformité
En France, la Direction interministérielle du numérique (DINUM) peut infliger jusqu’à 50 000 € d’amende aux organismes publics qui :
- n’ont pas publié leur déclaration d’accessibilité,
- ou présentent un taux de conformité RGAA insuffisant.
Les sanctions sont publiques et peuvent être accompagnées d’une mise en demeure préalable.
Pour le secteur privé : seuils, risques et disparités
Pour le moment, la directive EAA laisse chaque pays définir ses barèmes. En Europe, certaines amendes vont déjà jusqu’à 250 000 € pour non-conformité.
En France, les décrets d’application préciseront les montants, mais la logique sera la même : des sanctions proportionnées, efficaces et dissuasives, en particulier pour les entreprises dépassant les seuils de la micro-entreprise.
Concrètement :
- Entreprises de plus de 10 salariés ou de plus de 2 M€ de CA : soumises à la directive ;
- Non-publication ou absence de conformité RGAA : exposées à des amendes financières et à la publicité du manquement ;
- Récidive ou négligence : possible majoration et suspension d’activité sur certains services.
Mais le vrai risque est ailleurs : perte de crédibilité, d’opportunités business et d’avantages concurrentiels à l’heure où la conformité devient un prérequis de marché.
Quelle est la nature des manquements sanctionnés ?
Absence de déclaration d’accessibilité
C’est la faute la plus visible : aucun document officiel n’est publié sur le site, ou il est incomplet.
Résultat : non-conformité immédiate et amende potentielle.
Non-publication du schéma pluriannuel ou plan d’action
Les entreprises doivent désormais planifier leur mise en conformité sur 3 ans et publier un schéma pluriannuel assorti d’un plan d’action annuel.
L’absence de ces documents est considérée comme un défaut de gouvernance.
Non-conformité technique au RGAA / normes WCAG
L’absence d’alternatives textuelles, de navigation clavier ou de contrastes suffisants est un manquement technique mesurable.
Le RGAA s’appuie sur les normes internationales WCAG 2.1, qui servent de base à l’évaluation et aux sanctions.
Comment votre entreprise B2B peut-elle anticiper et éviter ces sanctions ?
Audit d’accessibilité et diagnostic initial
Premier réflexe : réaliser un audit RGAA complet pour identifier les écarts de conformité et les prioriser selon leur gravité.
Élaboration d’un schéma pluriannuel + plan d’action correctif
C’est le socle de votre stratégie de conformité. Il fixe la feuille de route sur 3 ans : objectifs, moyens, échéances.
Mise en œuvre technique, suivi et maintenance continue
Refonte graphique, intégration, contenus : chaque évolution doit être pensée “accessibilité by design”. La conformité se pilote dans la durée.
Publication de la déclaration
Chaque année, une déclaration d’accessibilité à jour doit être publiée et facilement accessible depuis la page d’accueil.
Gouvernance et sensibilisation interne
Former vos équipes, nommer un référent accessibilité, sensibiliser les prestataires : c’est la clé d’une démarche pérenne et crédible.
Pourquoi faire appel à Indexel pour sécuriser votre conformité accessibilité ?
Expertise RGAA et refonte site web accessible
Indexel accompagne les acteurs publics et privés dans la mise en conformité RGAA : audit, correction, design inclusif et refonte éco-conçue.
Accompagnement de A à Z (audit, schéma, déclaration, corrections)
Nous gérons l’ensemble du processus : diagnostic, rédaction, mise en conformité et suivi.